Encore une histoire de bascule

30/04/2019

 

Si la journée d’hier a été marquée par les petits airs et de gros rebondissements, la faute à une importante bascule du vent, c’est presque le même scénario qu’a réservé cette journée de mardi aux 47 concurrents de la Solo Maître CoQ. Moins de surprises à l’arrivée cependant puisque la course - un côtier de 33 milles disputé entre Port-Bourgenay et Les Sables d’Olonne dans 7 à 9 nœuds de vent -, a sacré Yann Eliès (St Michel), déjà vainqueur de la première épreuve de la saison. Et ce dernier fait d’une pierre deux coups puisqu’il se hisse en tête du classement général provisoire devant le bizuth Benjamin Schwartz (Action Contre la faim) et Alexis Loison récompensés, eux aussi, pour leur régularité. Mais rien n’est encore joué puisqu’il reste le plus gros morceau de l’épreuve reste à venir, en l’occurrence une grande course d’environ 300 milles entre Belle-Ile, Yeu et Ré qui risque bien de redistribuer les cartes.

 

Ce mardi, deuxième jour de compétition de la 16e édition de la Solo Maître CoQ, les 47 marins avaient donc rendez-vous pour un second parcours côtier au large des Sables d’Olonne. Une course initialement prévue à 11 heures mais qui s’est finalement élancée avec un peu de retard sur l’horaire prévu, après deux rappels généraux et, par ailleurs, un petit frottement entre Morgan Lagravière (Avec vous sur la Solitaire ?) et Alberto Bona (Sebago). « L’Italien est passé devant moi, bâbord amure. En me percutant, il a cassé 50% de mon bout dehors et c’est sûr que ça a été un peu pénalisant, en tous les cas mentalement, de partir sans savoir vraiment si ça allait tenir. J’ai fait une petite réparation de fortune avec un bout pour tenir la partie un peu abimée. Au final, ça s’est bien passé et j’ai même réussi à passer en tête à la première marque », a expliqué Morgan qui a ensuite cédé la place de leader à Yann Eliès, auteur d’un très joli coup entre la bouée de dégagement et la cardinale Sud Petite Barge. « J’avoue que c’était un peu osé. Je n’étais pas sûr de moi mais il se trouve qu’à 5-10 minutes près, la bascule m’a été favorable, et pas qu’un peu, parce derrière, mes copains de jeu se sont retrouvés à tirer des bords au près alors que moi j’ai pu border la bouée », a commenté le skipper de St Michel qui, pour mémoire, s’est récemment imposé dans la Sardihna Cup en double avec Sam Davies. « On va dire qu’en ce moment, tout me sourit. J’en profite. Mais bon, il reste encore une grande course et c’est surtout sur celle-là que j’en envie de briller », a ajouté le Costarmoricain qui a manifestement trouvé quelques manettes intéressantes sur le nouveau Figaro 3. « Je ne m’entendais pas à être aussi à l’aise, même si c’est vrai que j’aime bien le petit temps et un peu de mistoufle. Après, tout n’est pas parfait. Des fois, je ne suis pas le plus rapide. Je me pose encore des questions sur mon jeu de voiles de la Solitaire », a détaillé Yann Eliès qui se hisse ce soir de la 8e à la première place au classement général provisoire. « C’est gratifiant d’être en tête après deux manches mais pour moi, une Solo Maître CoQ réussie, c’est une belle grande course parce que c’est un format « étape de Solitaire ». En clair, c’est surtout là qu’il faut exceller », a terminé le navigateur qui devance, dans l’ordre, le bizuth Benjamin Schwartz (Action contre la faim) et Alexis Loison (Région Normandie).

 

Prime à la constance 

« La régularité paie. Aujourd’hui, ce n’est pas passé loin que je m’envole avec Yann Eliès mais à un moment, j’ai manqué de vitesse. J’ai pris des algues et j’ai mis du temps à les enlever. J’ai cependant réussi à stopper l’hémorragie après avoir fait je ne sais pas combien de cordes à nœuds. J’aurais par ailleurs pu mieux négocier la transition comme l’a fait Yann. J’ai forcé sous spi alors qu’il aurait fallu que je change de voile beaucoup plus vite », a commenté le Cherbourgeois qui a laissé quelques concurrents lui griller la priorité sur la fin du parcours, parmi lesquels Jérémie Beyou (Charal) et Xavier Macaire (Groupe SNEF), respectivement 2e et 3e aujourd’hui. « Il était temps de sortir une bonne manche. Sur la Sardinha cup, je n’ai rien fait de bien et hier, je n’ai pas eu trop de réussite. Ça fait donc du bien de re-naviguer devant. Ça se joue à pas grand-chose à chaque fois. Avec les bascules, il faut empanner ou virer au bon moment, c’est assez fin. Il faut aussi un peu de réussite. Je commence à trouver mes marques et c’est bon signe », a commenté le triple vainqueur de la Solitaire du Figaro qui espère confirmer sur l’étape off-shore programmée ce jeudi à 14 heures, après une journée de repos. Une grande course dotée d’un coefficient 4 contre 1,5 pour les deux manches qui viennent de s’écouler. Il va sans dire que rien n’est figé !

 

 

 

Ils ont dit :

Morgan Lagravière (Avec vous sur la Solitaire ?) : « La journée est plutôt positive d’un point de vue mathématique mais dans la première procédure de départ, je me suis pris un bateau qui passait bâbord devant moi, celui d’Alberto Bona. J’ai quand même réussi à passer en tête à la première marque et à bien rebondir alors qu’il y a eu un renversement de situation que je n’avais pas forcément bien prévu. Je suis content de ma capacité à avoir trouvé des solutions et d’avoir réussir à rester motivé et dynamique dans la performance. J’ai encore montré des choses pas mal, qui n’ont pas forcément été payées hier mais depuis le début de la régate, je suis assez content de voir ce que je suis capable de faire avec le bateau. Le fait de ne pas avoir de partenaire ne m’aide pas beaucoup à être serein. Espérons que la coque ne reste pas blanche trop longtemps ! »

 

Xavier Macaire – Groupe SNEF : « Ce matin, je me suis dit que ce serait bien d’aller dans la progression : 13e à la première c’était plutôt correct et 3e aujourd’hui, c’est super. Bon, maintenant j’ai un peu la pression mais c’est une bonne pression ! (Rires). Aujourd’hui, ça a bien basculé entre la bouée de dégagement vers Bourgenay et Petite Barge. Le vent a carrément fait une rotation de 80 ou 90° donc ça a changé beaucoup de choses. A terre, ils avaient plus de vent mais au large on avait mieux la bascule. Moi, j’étais plutôt centré, entre les deux paquets, et j’ai réussi à relofer au bon moment quand j’ai vu que le vent commençait à tourner. Ça m’a permis de me recaler correctement. Il y a pas mal de bords où je pense avoir trouvé les manettes. Ce mardi, j’avais une bonne vitesse, j’étais vraiment dans le match par rapport à Yann (Eliès), Jérémie (Beyou) et d’autres. J’aime bien être en phase avec mon bateau donc ça fait plaisir. Maintenant, le plus important, c’est la plus grande course rà venir avec un grand coefficient, mais c’est ce que je préfère, ce sont justement les courses sur plusieurs jours. J’espère que ça va bien me réussir aussi. L’année dernière j’avais fini 3e, si je fais aussi bien cette année je serais content. »

 

Benoît Mariette (Génération Senioriales) : « Ça s’est passé moyennement pour moi aujourd’hui. Je n’ai pas très bien tactiqué. J’ai fait des mauvais choix stratégiques, juste sur le prés après le départ et lorsque j’ai passé la bouée de dégagement, il ne restait que deux bateaux derrière moi. Après ça, c’est devenu assez dur de revenir. J’ai réussi à gratter quelques places mais pas assez. J’étais pourtant du côté lors des deux premiers départs puis j’ai changé un peu mon plan pour la troisième procédure et ça a été une erreur mais en tous les cas, on a eu des top conditions. L’intensité dans la flotte est géniale et heureusement, il y avait toujours des gens autour de moi pour batailler. J’espère que la grande course se passera mieux que celle d’aujourd’hui. Ce sera des parcours à plus long terme. On verra ce que ça donne. »

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